Oui au télétravail… mais pas à n’importe quel prix !

Travailler Autrement, Manager Autrement » (TAMA) : un slogan séduisant pour un accord qui recouvre notamment le travail à distance et les modes de management.

Arrivé à échéance en novembre, et prolongé d’un an (malgré l’opposition de la CGT), il occulte une réalité bien sombre : individualisation des responsabilités, charge mentale explosée, isolement des salariés, management défaillant, inégalités criantes… Le bilan est accablant pour les salariés : stress, surcharge, perte de sens et des collectifs de travail, quand la direction empoche des « gains immobiliers » et sa « modernisation » de l’entreprise…

Loin d’être un progrès social, TAMA est un outil de précarisation déguisé qui isole et intensifie le travail. Et face à cette offensive, l’Ufict-CGT dit STOP et appelle à lutter, résister, et exiger un vrai droit au télétravail, encadré et respectueux des salariés !

TAMA: un accord signé… sans la CGT, et pour cause!

Si direction et syndicats signataires (FO, CFDT, CFE-CGC) vantent les mérites de TAMA (flexibilité, autonomie, équilibre vie pro/perso), dans les faits cet accord a surtout creusé les inégalités entre les agents. Car les droits sont différents selon la direction d’appartenance, et sans droit à la déconnexion, alors que les dépassements horaires et les connexions en dehors des plages légales explosent. D’autant que

le management est de plus en plus absent, laissant les salariés livrés à eux-mêmes, avec des aides à l’équipement dérisoires et non réévaluées.

Autonomie sans garde-fou =: surcharge de travail, stress et RPS !

La CGT n’a donc pas signé, et elle l’assume, car un accord qui précarise, isole et désorganise n’est pas un progrès mais une régression sociale. Et une autonomie sans garde-fou et sans règles est la porte ouverte à la surcharge de travail, au stress et aux risques psychosociaux (RPS) !

Télétravail: un outil de libération… ou d’exploitation?

L’Ufict-CGT ne remet pas en cause le télétravail quand il améliore la qualité de vie, réduit les temps de transport et offre plus de souplesse, mais pas quand il devient un alibi pour réduire les surfaces de bureaux (flex office), pour faire des économies sur le dos des salariés qui y voient un moyen d’échapper à des collectifs de travail dégradés, à un management toxique dans des locaux inadaptés. Cela peut donc devenir un piège pour les salariés qui se retrouvent seuls face à leur écran, sans soutien, sans repères, et avec une charge mentale toujours plus lourde. Le télétravail, sans droits, devient alors une contrainte supplémentaire, sans droit à la déconnexion avec des mails et appels qui s’enchaînent en soirée, le week-end et pendant les congés, sans suivi des accidents du travail en télétravail, sans véritable accompagnement des salariés en situation de handicap.

Le télétravail doit être un choix, encadré, avec des droits et des protections !

Pour l’Ufict-CGT le télétravail doit être un choix, encadré, avec des droits et des protections et non servir à fuir un management défaillant et des conditions de travail dégradées !

Autonomie et responsabilisation renforcées… pour mieux nous exploiter!

La direction d’EDF ne cesse de vanter l’autonomie, la responsabilisation, la confiance. Mais dans les faits, ces beaux mots cachent une réalité bien différente en transférant la charge mentale des managers vers les salariés avec des objectifs individuels intenables, sans prise en compte des réalités collectives. Le résultat est un isolement grandissant et des salariés livrés à eux- mêmes, sans soutien, sans repères, soumis au stress, burn-out, RPS ! Car avoir de l’autonomie sans moyens, c’est comme un vélo sans roues : ça ne mène nulle part, sauf à l’épuisement !

Management et santé&sécurité: les grands oubliés!

Exit le soutien, la régulation, la prise de décisions, TAMA a vidé de son sens le rôle des managers en ne leur laissant que du contrôle à distance, des tableaux de reporting et nombre d’injonctions contradictoires. D’autre part, ces nouveaux modes de travail ou de management, bien que parties intégrantes de l’accord, n’ont jamais été réellement négociés et restent la chasse gardée des directions. L’Ufict-CGT revendique le retour à un management de proximité, avec des marges de manœuvre réelles pour soutenir les équipes.

Revenir à un management de proximité, avec des marges de manœuvre réelles

Le bilan de mars 2025 sur la santé&sécurité est catastrophique : dépassements horaires systématiques sans suivi ni compensation, accidents du travail en télétravail non déclarés ou mal pris en charge, intensification du travail avec une porosité toujours plus grande entre vie pro et vie perso, perte de sens pour les managers réduits à des « animateurs » sans aucun pouvoir… INADMISSIBLE ! TAMA n’est ni plus ni moins qu’un accord qui sacrifie la santé&sécurité des salariés sur l’autel de la performance !

Un accord qui sacrifie la santé&sécurité des salariés sur l’autel de la performance !

CSE et CSSCT doivent imposer un autre télétravail !

Les Commissions Santé Sécurité Conditions de Travail (CSSCT) des CSE doivent être pleinement associées au suivi de TAMA, et notamment aux projets d’équipe, pour évaluer les risques liés au télétravail et à l’intensification du travail. Il faut qu’ils imposent des mesures de prévention concrètes et qu’ils sanctionnent les dérives managériales et organisationnelles.

Face à ce constat accablant, la CGT et son Ufict portent des revendications claires pour un télétravail juste et encadré, avec un vrai droit à la déconnexion

encadré par des plages horaires strictes et respectées, un contrôle social des projets d’équipe avec une validation systématique en CSE et/ou CSSCT, un rôle clarifié et renforcé pour les managers avec des moyens pour soutenir les équipes. Sans oublier des aides à l’équipement réévaluées et accessibles à tous et un suivi médical renforcé pour les salariés en télétravail, notamment ceux en situation de handicap. C’est-à-dire une renégociation en profondeur de TAMA !

Renégocier en profondeur TAMA, car un autre télétravail est possible !

La prolongation de l’accord actuel n’est pas une fatalité

L’Ufict-CGT appelle tous les ICTAME à se mobiliser pour imposer un rapport de force lors de la renégociation à venir, en signalant les dérives (surcharge, pression, isolement), en exigeant le respect des droits (déconnexion, aides à l’équipement, suivi médical…). TAMA est l’exemple parfait de la « modernisation » voulue par le patronat, avec des mots creux, des promesses non tenues, une dégradation organisée des conditions de travail. Pour l’Ufict-CGT un autre télétravail est possible : encadré, protégé et négocié pour les salariés, et non contre eux, mais pas en l’état actuel ! Pour cela, il faut peser collectivement dans les négociations, créer un vrai rapport de force pour imposer un télétravail digne et protégé, qui libère et non qui exploite ! Pour de meilleures conditions de travail, sans économies sur le dos des ICTAME ! Pour une organisation du travail qui nous respecte, et non qui nous isole ! « Tous ensemble », faisons reculer la direction pour imposer un futur accord qui place les ICTAME au cœur des objectifs !

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