Résultats 2020 EDF et ENGIE – Mobilisation 8 avril 2021

Malgré une année très compliquée, EDF et ENGIE verseront des dividendes

A EDF une année encore plus difficile que prévue

Si une moindre disponibilité des centrales nucléaires était prévue en raison de très gros travaux de maintenance, ainsi que la fermeture des deux tranches de Fessenheim, l’arrivée du Covid a fortement perturbé EDF avec unereprogrammation complète des arrêts de tranche. Imprévue également, la contestation massive du personnel, en action pour préserver son entreprise intégrée. A cela est aussi venu s’ajouter un contentieux fiscal ainsi qu’une augmentation conséquente des sommes dédiées au démantèlement des centrales nucléaires (une valorisation diminuée dans le futur du pactole de 30 Md € mis d’ores et déjà de côté aujourd’hui)… et ce sont au final plusieurs milliards d’€ qui sont venus diminuer d’autant le résultat de l’exercice.

 

Malgré tout, un résultat EDF positif pour 2020 !

Cela démontre toute la solidité d’EDF, mais comment comprendre que le seul indicateur 2020 en forte hausse soit les dividendes 2020 ? + 25 % par rapport à 2019.

Rappelons que pour cause de Covid, et sur injonction gouvernementale, le dividende 2019 en était resté à l’acompte sur dividende versé fin 2019. Concrètement, pour 2020, chaque actionnaire percevra 0.21 € par action (il y en a plus de 3 milliards), contre 0.15 pour l’année 2019. Les salariés, eux, auront un salaire qui ne sera même pas revalorisé de l’inflation !

Ce sont donc 600 M€ de dividendes qui seront versés ce qui représente plus que le résultat net 2020. Cumulés depuis 2003, 30 Md € seront partis en dividendes à mettre en regard de la dette EDF qui atteint 42 Md € ! Et même si, pour 2020, l’entreprise ne sortira pas tout ce cash et paiera une grande partie de ces dividendes sous forme d’actions nouvelles, cela ne change rien au problème. Car en faisant tourner la planche à billets des actions, EDF dilue les autres actions, ce qui pèse sur l’entreprise, et impose dès l’année suivante des dividendes supplémentaires pour ces actions nouvelles.

 

Pour ENGIE, 2020 aura aussi été une année très difficile

Sous l’effet de la crise sanitaire et d’une année particulièrement chaude, les comptes sont nettement moins bons qu’en 2019. Mais ENGIE, à l’instar d’autres groupes, et par sa complémentarité d’activités a su résister à la crise…

Paradoxalement, la nouvelle stratégie et les cessions associées vont continuer à faire perdre rapidement de l’activité, et obérer, à terme, cette possibilité d’amortissement lors d’une crise future dans un secteur ou unegéographie…

Par contre, plus ennuyeux pour son avenir, ENGIE :

– enregistre une perte nette de 1,5 Mds € pour le résultat part du groupe et de moins 4 Mds € pour le résultat de la maison mère ENGIE SA.

– continue cette année encore à  faire  des  « dépréciations significatives »  pour 2,9 Mds €.

– voit ses capitaux propres baisser de 41 % depuis la fusion, soit de 52 Mds € à 30 Md €.

Les actionnaires, privés de dividendes en 2020 seront servis cette année. Ils percevront leur dividende et seront choyés, puisqu’il atteindra le haut de la fourchette : 75 % du résultat net récurrent part du groupe, (0,53 euro / action) soit 1,2 Mds € environ.

 

ENGIE aura historiquement versé des dividendes considérables !

15,5 Mds € de dividendes de 2013 à 2016, déconnectés de son résultat et engendrant une déperdition de valeur considérable.

En conséquence, non seulement ENGIE a rendu aux actionnaires tout le résultat accumulé dans le passé (report à nouveau) provenant essentiellement de Gaz      de France, mais commence à leur redonner le capital qu’ils ont apporté au Groupe : un véritable non-sens financier ! ! !

 

Quel monde d’après pour EDF et ENGIE ?

Politique de dividendes, stratégie sont hélas dans la même logique mortifère que ce soit à EDF ou à ENGIE. Cesdeux entreprises veulent céder une partie de leurs bijoux de famille pour augmenter leurs investissements dans les renouvelables et faire briller leur titre en bourse (cours de bourse actuel EDF : 9,95 € contre 85,50€ le 23novembre 2007, sorti du CAC 40 le 7 décembre 2015 – cours de bourse actuel ENGIE : 11,88 € contre 43,79 € le 30 mai 2008).

Au final, le monde d’après ressemble à s’y méprendre au monde d’avant…

 

Avec l’Ufict-CGT, ouvrons d’autres perspectives et mobilisons-nous dès le 08 avril, date du 75ème anniversaire de la loi de nationalisation du gaz et de l’électricité, pour construire le service public de l’énergie des générations futures !

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