Elections au conseil d’administration

En mars 2018, les salariés du groupe élisent leurs représentants au CA. Trois sièges sont à pourvoir. Pourquoi cette élection est-elle importante ?

 

Isabelle Kocher, Directrice Générale et Gérard Mestrallet, Président d’Engie vendent à tour de bras : 15 milliards d’euros d’actifs ont été ou vont être cédés sur trois ans. Après les actifs de production d’électricité à l’étranger (depuis 2016), c’est au tour de l’exploration-production (EPI) et du commerce de gaz naturel par bateau (GNL) qui sont vendus. Et en 2018, à qui le tour ? Verra-t-on GrDF, dont les statuts sont en cours de modification, cédé pour partie au marché ?
La CGT dénonce cette stratégie de vente et de transformation du groupe qui entraîne, d’une part, baisse du nombre d’emplois, externalisation, dumping social ; d’autre part, diminution des moyens de formation, surcharge de travail et blocage des salaires. Ce programme d’austérité n’est assorti d’aucune politique de rebond et de développement des activités préservées. De plus, motus sur le remplacement des activités bradées.
Dans ces conditions, l’administrateur salarié parrainé par la CGT, élu au CA en 2014, a voté contre les cessions d’EPI et GNL. La CGT a aussi alerté les pouvoirs publics et les consommateurs sur les risques de rupture d’approvisionnement en gaz dans le sud de la France ; sur la moindre qualité du service pour le client avec la délocalisation des fonctions commerciales ; sur le risque d’augmentation de la facture avec la fin des tarifs réglementés…

Une CGT offensive et déterminée à mener les combats nécessaires

La CGT défend d’autres orientations. Ses militants portent l’idée d’une évolution progressive vers la transition énergétique sans sacrifier les activités historiques, en exigeant des investissements pour renforcer le service public. Ils proposent d’anticiper au mieux les changements et d’en tirer les conséquences en termes de compétences à acquérir, de formation, de développement des carrières. En effet, les salariés doivent pouvoir évoluer vers les nouvelles activités, en devenir les bénéficiaires au lieu d’en être les victimes. Ces propositions visent à obliger le Groupe à former, à maintenir l’emploi, à conserver les salariés au lieu d’externaliser et/ou délocaliser leurs activités.

La CGT a obtenu un accord social européen qui renforce la formation et la GPEC (Gestion Prévisionnelle des Emplois et des Compétences) mais également les possibilités de mobilité. Cet accord engage la direction du Groupe sur le maintien des garanties sociales lors de réorganisations. La CGT a recueilli des milliers de signatures de salariés, au moment de l’élaboration d’un cahier revendicatif pour obtenir des garanties sociales minimales de Groupe, dans les domaines de la rémunération, du logement, de l’emploi, des conditions de travail, de la liberté syndicale et des moyens syndicaux. Autant de raisons pour voter et faire voter CGT.

Et c’est là l’un des enjeux de ce scrutin : la mobilisation et la participation des adhérents et des salariés. En 2014, seulement 31,1 % des inscrits ont voté lors de la précédente élection (ils étaient 35,8 % à voter en mai de la même année pour l’élection du CA d’EDF). Des résultats comparables à ceux d’une législative partielle, lorsque l’électeur ne se sent pas vraiment porté par une dynamique de campagne. Mais comment motiver les agents du service commun Enedis-GrDF à voter pour une élection qui concerne tout le groupe Engie alors qu’ils n’ont pas vraiment le sentiment d’appartenir à ce groupe ? Cette question se posera dans les mêmes termes pour les agents du service commun lorsqu’ils devront se prononcer pour le CA d’EDF en 2019. Aux militants syndicaux de prendre cette question à bras le corps et d’exercer leur capacité de conviction…

 

 

 

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