Grille des salaires IEG

Une négociation de branche qui engage directement l’avenir des ingénieurs, cadres et encadrants

Après plusieurs mois de mobilisation, cette un plafond trop vite atteint, une progression trop lente, et négociation de branche s’achève sur un résultat qui suscite plus de questions qu’il n’en règle. Deux logiques s’affrontaient. D’un côté, les employeurs qui portaient un iprojet de flexibilisation salariale habillé en « modernisation », et de l’autre la FNME-CGT qui défendait une grille de branche fondée sur les qualifications, l’expérience et une progression salariale dans la durée.

La mobilisation lancée en septembre dernier par la FNME- CGT a contraint les directions à s’asseoir à une table des négociations qu’elles auraient préféré éviter.

Une négociation obtenue par la mobilisation

L’enjeu était de savoir si les employeurs entendaient répondre aux problèmes de fond ou simplement gérer l’agitation sociale en « modernisant » tout en concédant le minimum

Une architecture de grille salariale usée jusqu’à la corde

En bas de grille, les premiers niveaux ont été rattrapés par le SMIC. Au milieu, l’accumulation d’années d’expérience ne se traduit plus par des sauts lisibles. En haut, les fins de carrière arrivent en butée sur des plafonds qui ne bougent plus …

L’inflation de ces dernières années a creusé un écart que les revalorisations successives mais insuffisantes n’ont pas comblé. Les entreprises ont gagné en compétitivité salariale ce que les salariés de la branche ont perdu en salaire réel. Et l’allongement des carrières a enfoncé le clou : beaucoup de salariés vivent désormais de trop longues plages de stagnation, sans étapes ni perspectives.

Un problème de grille qui rend les recrutements plus que difficiles

Recruter dans ce contexte, et convaincre un jeune technicien supérieur ou ingénieur que la branche des IEG lui offre une trajectoire digne de ses ambitions est plus que difficile. Et ce n’est pas un problème d’image, mais un problème de grille.

Les ingénieurs, cadres et encadrants (ICE), grands oubliés

Même si on a peu parlé d’eux dans ces débats, les ICE subissent l’érosion salariale sous une forme particulière : surtout une reconnaissance de plus en plus opaque : les critères collectifs disparaissent au profit de l’évaluation individuelle. La rémunération dépend moins de ce que le salarié apporte objectivement, que de la manière dont son supérieur perçoit sa contribution. Cette logique produit de l’incertitude et, à terme, du désengagement.

Les critères collectifs disparaissent au profit de l’évaluation individuelle

Pourtant, la FNME-CGT a posé sur la table des revendications précises : augmentation en niveau de la grille, niveaux d’embauche, nouveaux échelons, majoration résidentielle, reconnaissance des astreintes. Mais les pas de 0,1 % proposés par les employeurs transformeraient la grille en décor, et le vrai pouvoir salarial se retrouverait exclusivement dans les mains des directions.

Le compte n’y est pas : la part du collectif rétrécit au profit de décisions locales, sans garde-fous suffisants

Le projet d’accord contient pourtant quelques avancées : revalorisation des astreintes, deux échelons en plus de fin de carrière … Mais sur l’ensemble le compte n’y est pas ! La revalorisation générale de 1% proposée par les employeurs est bien trop faible. Les niveaux d’embauche restent en dessous de ce qu’exige la réalité des niveaux de formations recrutés. Sur la majoration résidentielle, l’immobilisme est difficile à justifier au regard des tensions que vivent nombre de territoires. Et sur la logique d’ensemble, le projet maintient, voire renforce, une architecture de grille où la part du collectif rétrécit au profit de décisions locales, sans garde-fous suffisants.

Deux séances de négociations restent à venir

La FNME-CGT restera engagée et, au final, ce seront les syndiqués qui se prononceront par consultation. Mais une chose est certaine, le texte actuel n’est pas à la hauteur. La branche a besoin d’une grille ambitieuse, cohérente, qui résiste aux réorganisations sans se défaire.

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