Un véritable choix de société avec cette programmation pluriannuelle de l’énergie
Cette 3ème Programmation Pluriannuelle de l’Energie (PPE3) fixe les grandes orientations de la politique énergétique française pour 2026-2035 et détermine les choix du pays sur la production d’énergie, les réseaux, les investissements et les usages pour les
dix prochaines années. Ses effets impacteront directement les salariés des industries électriques et gazières, mais aussi tous les usagers. Car la PPE3 va orienter les besoins en compétences, les évolutions des métiers, les volumes d’investissements et les organisations du travail. Elle pèsera aussi sur les services publics et les entreprises, la qualité du service, le niveau des prix, l’accès à l’énergie dans les territoires et la continuité d’alimentation pour les ménages.
Pas de véritable concertation…
Si la PPE vise à anticiper les besoins du pays en matière de sécurité d’approvisionnement, de production, d’infrastructures, d’emplois et de compétences, sa publication tardive a créé une période d’incertitude prolongée. Ainsi, pendant plusieurs mois, les débats sur le rythme de l’électrification, la place du nucléaire, le rôle du gaz et le développement des énergies renouvelables ont retardé les arbitrages. Cette situation a compliqué les projections des entreprises, des salariés et des territoires.
Bien que le gouvernement mette en avant un travail de concertation important qui a mobilisé de nombreux acteurs, la FNME-CGT y oppose le décalage entre la consultation et la place réellement accordée au dialogue social dans les choix finaux, et alors que cette PPE3 engage les travailleurs du secteur pour les dix ans à venir.
La PPE3 donne un cadre de référence aux acteurs du secteur de l’énergie
Ce cadre de référence aide les acteurs du secteur de l’énergie à planifier leurs investissements et leurs recrutements. Elle donne aussi des repères aux salariés sur l’évolution des filières et les besoins futurs en qualifications. Le texte confirme ainsi une stratégie de décarbonation qui s’appuie sur l’électrification des usages, notamment pour les transports, mais aussi pour une partie du chauffage et certains usages industriels. Cette orientation a pour but de réduire notre dépendance aux énergies fossiles importées… à condition de sécuriser les capacités de production et les réseaux.
Une stratégie de décarbonation qui s’appuie sur l’électrification des usages
Enfin, la PPE3 réaffirme la relance du nucléaire et la prolongation du parc existant, si la sûreté le permet, la montée en puissance de l’EPR de Flamanville, ainsi que la construction de nouveaux réacteurs nucléaires de nouvelle génération (EPR2). Ce choix donne un signal industriel fort et ouvre aussi des perspectives d’emplois et de formations dans plusieurs métiers.
La PPE3 réaffirme la relance du nucléaire et une électrification massive des usages
Le pari de l’électrification massive des usages
La perspective est de renforcer l’indépendance énergétique du pays et de réduire les émissions de gaz à effet de serre. Mais cela suppose, en parallèle, des investissements très élevés dans la production, le transport et la distribution service pour les usagers rythme d’investissement, modernisation des réseaux, la maintenance et la résilience du système deviennent donc des sujets centraux. Sans moyens suffisants, avec des tensions sur les délais, sur la qualité des interventions et la continuité d’alimentation… les risques pourraient s’accentuer.
Sur le front de l’emploi, la relance nucléaire et les travaux sur les réseaux ouvrent des perspectives qui, pour la FNME-CGT, doivent s’accompagner d’un plan de formation ambitieux, d’une politique d’attractivité des métiers et de fortes garanties collectives, notamment sur les conditions de travail face au recours massif à la sous-traitance
Un avenir à construire pour la filière gaz
La PPE3 confirme la baisse de la consommation du gaz fossile, tout en maintenant une place aux gaz renouvelables et bas carbone. Mais le sujet central concerne la trajectoire de conversion des infrastructures gazières et le calendrier social de cette transition, car les réseaux gaziers sont un atout pour la souplesse du système énergétique global et pour le stockage. Et cet atout de flexibilité sera d’autant plus crucial dans un système encore plus électrifié.
Une complémentarité électricité/ gaz dans le mix énergétique
Cette complémentarité électricité/gaz dans le mix énergétique demande donc une approche cohérente, progressive et planifiée. Car une conversion mal anticipée fragiliserait l’emploi, la présence de services de proximité et l’équilibre territorial, en particulier dans les zones où les infrastructures énergétiques structurent toujours une bonne partie de l’activité économique locale.
Faire, des énergies renouvelables, un enjeu industriel
La PPE3 confirme la place des énergies renouvelables qui sont indispensables pour la décarbonation dans le mix énergétique. Mais pour la FNME-CGT, le véritable enjeu reste le développement des capacités industrielles, en France, associées aux emplois et savoir-faire. Car la France
et l’Europe ne peuvent pas se contenter d’installer, elles doivent aussi produire, fabriquer, maintenir et former. Sans exigences fortes sur le contenu industriel local des filières, la transition énergétique créera des marchés ici, mais des emplois ailleurs et c’est cette logique qui affaiblit notre appareil productif, fragilise les salariés et réduit la maîtrise collective de la transition et sa résilience.
La question territoriale appelle la même exigence et doit s’appuyer sur une gouvernance locale renforcée, associant élus, populations, opérateurs et salariés du secteur. C’est ainsi que nous construirons des projets utiles, bien ancrés dans les territoires et réellement adaptés aux besoins des usagers.
Un juste prix de l’énergie pour l’intérêt général
Cette PPE3 affiche aussi un objectif de maîtrise des prix et d’accessibilité de l’énergie. Un enjeu essentiel pour les usagers et leur budget, comme pour les entreprises, aussi bien pour les sites industriels que pour des activités industrielles de moindre ampleur : le prix de l’énergie conditionne la compétitivité et la capacité à investir, l’activité économique, l’emploi et la cohésion sociale.
Pour les salariés du secteur, le sujet des prix est tout aussi important, car des prix instables, insuffisamment régulés ou déconnectés des coûts réels, fragilisent le modèle économique des entreprises, compliquent la planification des investissements, alimentent des réorganisations permanentes, pèsent sur l’emploi, les conditions de travail et la qualité du service rendu.
La FNME-CGT porte l’exigence d’une énergie accessible, régulée, dans un cadre tarifaire cohérent avec l’intérêt général, ce qui est incompatible avec le marché. Car la transition énergétique ne peut pas reposer sur des signaux de prix erratiques mais doit s’appuyer sur une politique publique capable de protéger les usagers, tout en sécurisant les filières. La crédibilité de la PPE3 se jouera largement sur ce point.
Pour la FNME-CGT il faut une énergie accessible, régulée, ce qui incompatible avec
le marché
La FNME-CGT défend une transition énergétique planifiée par la puissance publique, articulée autour d’un mix équilibré, d’investissements dans les réseaux, de prix régulés, de garanties sociales fortes et d’une vraie politique industrielle. Un positionnement qui unit les intérêts des salariés et ceux des usagers. Car emplois qualifiés, sécurité des installations, qualité de service, équilibre territorial et énergies accessibles forment un même ensemble. Et si la PPE3 redonne un cap, sa réussite dépendra maintenant des moyens et de la gouvernance qui lui seront associés. C’est sur ce terrain que la FNME-CGT entend peser, pour une transition décarbonée et qui soit utile au pays.