Après ces excellents résultats financiers, quel retour pour les salariés ?
EDF réalise pour 2024, 11.4 milliards d’eu- ros (Md €) de bénéfices qui, ajoutés aux 10 Md € de 2023, font plus qu’effacer les 17.9 Md € de pertes de 2022 ! Le groupe devrait ainsi verser un dividende de 2 Md € à l’état, son actionnaire unique depuis le 8 juin 2023. Pourtant, l’Excédent Brut d’Exploitation 2024 (EBITDA : qui s’apparente à la création de richesse issue de l’activité principale d’exploitation) est en baisse à 36,5 Md € (39,9 Md € en 2023). Autre bonne nouvelle pour les comptes d’EDF, son endettement financier net (regardé à la loupe ces dernières années) reste stable à 54,3 Md €.
Ce fort EBITDA résulte de la forte hausse de la production nucléaire en France, de la production hydraulique en Europe, des activités régulées et renouvelables en croissance, et cela compense, en grande partie, la baisse des prix de marché. D’autant que les salariés d’EDF Commerce ont réussi à ne quasiment plus perdre de clients, alors que le tarif régulé de vente (TRV) en 2024, était supérieur aux offres de marché qui le concurrencent.
La forte hausse de la production en 2024 a compensé la baisse des prix de marché
Mais 1,8 Md € d’actifs ont été encore dépréciés en 2024 (pour l’essentiel les EPR HPC en Grande Bretagne), contre 13 Md € en 2023. Ces dépréciations qui s’enchainent, et pour des montants faramineux, impactent d’autant les richesses créées qui, elles, rappelons-le , sont créées par les salariés. Ces dépréciations reflètent la perte de valeur liée à de mauvais choix d’investissement…
Les investissements nets grimpent à 22,4 Md€
Les investissements augmentent de 3,3 Md€ du fait du projet Hinkley Point C, du programme EPR 2, du développement et du renforcement des réseaux, du rachat des activités nucléaires de GE Steam Power (Arabelle Solutions) et des 5 % d’Assystem repris dans le capital de Framatome.
Notons aussi, dans les faits marquants 2024, le démarrage de l’EPR de Flamanville 3, des partenariats indus- triels de long-terme, 6 000 contrats signés de fourniture d’électricité de moyen terme, la hausse du nombre de points de charge de véhicules électriques, de la production éolienne & solaire (114 GW bruts en portefeuille), la hausse des raccordements par Enedis, sans oublier un basic design (conception de base) de l’EPR2 validé, et qui passe désormais en conception détaillée (detailed design)… mais reste une ombre au tableau avec l’abandon, par EDF, du projet « Ecocombust » de Cordemais : cela confirme le fait que l’Etat aide sans compter les entre- prises privées à investir, mais s’y refuse pour les entre- prises publiques…
En résumé, ces résultats sont excellents et sont le fruit du travail des salariés
Les employeurs sont parvenus à trouver une solution industrielle au problème de corrosion sous contrainte de 2022. Ces très bons résultats liés au niveau de production sont à mesurer à leur juste valeur, alors que le contexte était pourtant difficile avec la baisse des prix. Le Groupe récompensera-t-il ses salariés par des politiques de hausses des salaires et de reconnaissance à la hauteur ? Rien n’est, hélas, moins sûr ! Ce n’est pas, en tout cas, la voie suivie par les employeurs de la branche dans la négociation qui s’ouvre sur la refonte de la grille de salaires… En tout cas, la CGT continuera de peser pour un juste retour de ces résultats vers les salariés dès les prochaines négociations annuelles obligatoires, et, bien entendu, lors de la négociation de branche !