Qui a livré Gaz de France aux rapaces de la finance ?

[Options 652 – Décembre 2019 -p16]

Alors que l’entreprise de destruction est toujours en cours contre le secteur gazier, l’IHSME a édité cette année une brochure « Repères pour penser et agir » sur le combat de la CGT pour sauver le service public du gaz.

Que de chemin parcouru depuis la découverte du gaz d’éclairage à la fin du XVIIIe siècle, depuis la revendication « le gaz aux gaziers » lors de la naissance des syndicats, depuis la nationalisation de 1946… jusqu’à aujourd’hui et la privatisation d’ENGIE.

La fusion GDF/Suez, c’était le mariage de la carpe et du lapin. On est bien là au cœur du système capitaliste, avec à la manœuvre les grands financiers. En 2002, l’endettement de Suez était à son apogée : pour les actionnaires majoritaires, il fallait vendre les actions. N’y arrivant pas, la solution fut de capter à bon prix Gaz de France, après plusieurs mois de tractations et d’intrigues. Depuis, le résultat catastrophique est là pour le personnel et pour les usagers avec un prix du gaz qui s’est envolé.

Cette brochure IHSME fait voyager le lecteur du projet initial du Conseil National de la Résistance, de l’équipe de Marcel Paul et des fondateurs de Gaz de France, du projet de démocratie sociale qui a conduit à la réussite d’un grand service public du gaz… pour arriver au processus qui a abouti à la privatisation, puis à l’absorption de Gaz de France par Suez, avec les conséquences que nous connaissons aujourd’hui : hausse des tarifs du gaz pour la population, dividendes exorbitants et « dolce vita » pour les actionnaires…

En parallèle, on découvre comment, grâce à leur combativité, grâce aux pouvoirs qui leur ont été confiés par la loi, grâce à la confiance continue de la majorité du personnel, les militants de la CGT ont freiné et continuent de freiner les plans capitalistes de destruction complète du service public du gaz.

Toute la CGT a lutté contre la privatisation de Gaz de France. Toutes les instances ont été mobilisées : la Confédération, la Fédération Mines-Energie et ses syndicats dont les syndicats Ufict. Les administrateurs salariés CGT de GDF ont aussi joué un rôle important, de même que le Conseil Supérieur des CMP et le Comité d’Entreprise Européen

Mais si la mobilisation n’a pas abouti à faire fusionner EDF-GDF et à empêcher l’effacement de la grande entreprise publique qu’était Gaz de France, l’action de la CGT, avec ses militants et le personnel, a néanmoins retardé de plusieurs années le processus de destruction. Cela a aussi permis de sauver des acquis qui auraient été très certainement perdus sans la lutte.

Cette lutte n’est pas finie et cette brochure a pour vocation de donner les éléments historiques, base indispensable de réflexion et d’action pour aller à la reconquête du service public.


Repères pour penser et agir

L’Institut d’Histoire Sociale Mines-Energie (IHSME) a lancé une nouvelle série de brochures pour donner à comprendre, toujours d’un point de vue historique, un certain nombre de sujets afin d’être utile concrètement pour l’action syndicale et revendicative. Les cahiers de l’IHSME n° 64-65 sont la première pierre de cet édifice. En 280 pages, ils nous font voyager à des dates clés du secteur de l’énergie (mines, énergie atomique, industrie électrique et gazière) en lien avec l’histoire économique, politique et sociale nationale et internationale. Un voyage de 1584 à nos jours… Un outil indispensable et enrichissant !

Ce numéro des cahiers (16 €) et la brochure sur GDF (4 €) sont disponibles auprès de l’IHSME

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