La politique mobilité à Enedis

Une vision de court terme qui doit évoluer vers une véritable politique globale RH de moyen et long terme.

En octobre 2022, Enedis a engagé des évolutions concernant la politique Mobilité et Fidélisation des Compétences dans le but d’encourager les salariés à bouger, tout en les fidélisant dans certains territoires et métiers. Cette démarche englobe le Capital Attractivité Mobilité (CAM) qui est l’ex-aide naionale au logement, et les Contrats d’Engagement Réciproques Négociés Enedis (CERNE) mis en place en 2019.

Ce CERNE donne au salarié qui le signe, des perspectives sur son parcours professionnel, tout en le fidélisant pour son unité sur des zones déficitaires ou avec des compétences rares. Après 5 ans d’existence, il s’avère que le CERNE a peu bénéficié aux salariés, mais a surtout offert aux unités des compétences, pendant une période définie, sans qu’Enedis ne mette trop la main à la poche…

Le CAM est là pour rémunérer l’effort d’un salarié lors d’une mobilité géographique, en lui versant un capital sur 4 ans. Enedis dispose ainsi des bonnes compétences au bon endroit.

Mais le CAM ne s’adapte pas au coût de la vie dans les régions, ce qui induit fatalement des difficultés de recrutement.

Une mobilité encouragée des agents, mais avec une vision de court terme

Difficile, alors, pour les agents, de se projeter dans des projets professionnels ou personnels. Les encadrants en souffrent tout particulièrement, avec des déménagements à répétition qui compliquent leur vie personnelle, d’autant qu’il est difficile de se loger. Enedis a délégué le sujet de- puis 2021 à Action Logement qui a beaucoup de difficultés ces dernières années à faire des propositions décentes, car le marché de la location est complètement saturé. En effet l’augmentation des taux des crédits a considérablement réduit les transactions sur le « marché » immobilier.

Transactions immobilières figées => Mutations figées

Résultat : Comme les transactions immobilières sont ralenties, voire figées, les mutations suivent le même mouvement, et ces difficultés immobilières n’impactent pas que le groupe EDF… La politique mobilité Enedis manque incontestablement d’efficacité et donc d’attractivité. Elle contrarie souvent les vies personnelles, offre une vision à court terme, sans réelle perspective de carrière, et ne facilite pas l’implantation en région par manque de logements (élément pourtant indispensable au bien-être familial). Elle sert, au mieux, à apporter du cash à court terme à des agents en mal de pouvoir d’achat, et peut-être aussi de reconnaissance professionnelle ?

La politique Mobilité a été un échec en 2023

Ce n’est donc pas un hasard si la politique Mobilité a été un échec en 2023. Bloquer un agent pour un délai court, dans un métier qu’il n’apprécie pas forcément, et dans une région qu’il n’a pas vraiment choisie, a fortiori en lui offrant de médiocres conditions de vie familiale, n’est pas une méthode d’accompagnement acceptable : elle est, de plus, délétère à très court terme pour l’entreprise !

Pour l’Ufict-CGT, il est impératif de mettre en place, dans nos entreprises, une véritable politique globale RH : une Gestion Prévisionnelle des Compétences en relation avec la charge de travail connue, des recrutements en nombre, et un accompagnement digne de ce nom avec une vision de moyen et long terme pour contribuer à la santé de l’entreprise… et de ses salariés, ce qui est indissociable.

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