Pas de révolution sans emplois et nouveaux droits

La révolution numérique du travail est déjà bien engagée et va encore s’amplifier et s’accélérer dans les années à venir. Notre relation au travail s’en trouve profondément modifiée dans les rapports au temps, au pouvoir et dans l’organisation des entreprises. Mais quels sont les impacts sur notre travail ?

Dans le cadre de thématiques mensuelles organisées par l’Ufict pour les salariés.es, et notamment pour les cadres, une première initiative avait lieu le mardi 5 avril pour les fonctions centrales de RTE à la tour Initiale (La Défense). Le thème : « La transformation numérique et ses impacts » avec Jean-Luc Molins de l’Ugict CGT s’est déroulé en trois temps : une information préalable, par des distributions de tracts en bas de la tour et bureau par bureau, ainsi que par email, une rencontre lors de la pause méridienne avec un intervenant externe, et enfin l’envoi par email d’un document résumé a posteriori à tous les salariés.

42 % des métiers touchés par la transformation numérique à l’horizon 2025 ?

La mutation numérique inondera notre société et pèsera sur notre modèle social

L’« uberisation » de la vie économique représente un risque non négligeable de perte de ressources pour la protection sociale, un risque économique, l’installation dans la précarité, l’isolement des contributeurs et le contournement du salariat…

L’application du Droit du Travail pourrait s’effacer petit-à-petit, les garanties de protections sociales voler en éclats, et l’accès à la formation
professionnelle s’amoindrir. Ce qui est sûr, c’est que la majorité des emplois actuels connaîtront des transformations profondes, rapides et de grande ampleur. Des études prospectives envisagent que 42 % des métiers soient touchés par la transformation numérique, et qu’à l’horizon 2025, trois millions d’emplois soient supprimés.

Orienter ces transformations numériques dans le sens du progrès social

Face à ce contexte mouvant, l’enjeu pour la CGT est d’orienter ces transformations dans le sens du progrès social, économique et environnemental pour tous : il faut, par exemple, baisser le temps de travail pour maintenir l’emploi. Le baromètre ViaVoice indique que parmi les trois priorités les plus importantes chez les cadres, celle qui arrive en tête à 66 % est le respect de l’équilibre vie privée/vie professionnelle. Viennent ensuite, la qualité de vie au travail, et les salaires pour 50 %.

Car les nouvelles technologies rendent en effet très poreuse la frontière entre le personnel et le professionnel. C’est pourquoi la campagne « Droit à la déconnexion » de l’Ugict CGT trouve toute sa place dans cette actualité. La révolution numérique est à la croisée des chemins de toutes les problématiques que soulève la CGT : la charge de travail et sa mesure pour déterminer le temps de travail, l’organisation du travail, la connexion hors temps et lieu de travail, la question de la santé au travail*, le système de protection sociale, et l’impact sur les territoires.

Les pôles de compétitivité accroissent l’hyperpolarisation des savoirs en captant les aides publiques, laissant des territoires déserts en accentuant la fracture numérique. Il est possible de conquérir de nouveaux droits en encadrant juridiquement la maîtrise des outils numériques.

C’est ainsi que le Code du Travail a été conçu : pour la protection de la personne humaine au travail. Le progrès technologique devrait servir à l’émancipation de la part humaine du travail taylorisé, à l’amélioration des conditions de travail et à la baisse du temps de travail plutôt qu’à son remplacement dans un contexte de fort chômage.

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Pas de révolution sans emplois et de nouveaux droits

* étude publiée dans la revue The Lancet, menée sur un échantillon de
600 000 personnes en Europe, aux Etats-Unis et en Australie. Les chercheurs
ont mis en évidence le lien entre l’augmentation de la durée hebdomadaire
du travail et l’accroissement du risque d’AVC ou de maladie coronaire.

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