Planifier la transition énergétique

Par un développement industriel et socialement juste

Si les renouvelables sont effectivement utiles dans le mix énergétique, leur développement ne peut pas être abandonné à une logique de marché. Dans ses propositions sur la stratégie française énergie-climat, la CGT défend le
en faisant de l’énergie un bien commun, démocratique, de service public et de souveraineté nationale. Elle appelle à planifier les futurs besoins énergétiques nécessaires aux besoins du pays pour aller vers une reconquête industrielle et une transition énergétique juste.

Le développement des EnR ne peut pas être abandonné à une logique de marché

Il ne suffit donc pas de compter les GigaWatts d’EnR installés (environ 57 GW), il faut regarder aussi qui décide, qui finance, qui produit, qui détient les outils industriels et qui porte les risques sociaux.
Les filières renouvelables, tout comme le nucléaire, doivent être pensées dans une logique de service public et de maîtrise collective, et non comme un terrain de concurrence fragmentée. Cette posture ne consiste pas à rejeter les énergies renouvelables, mais à refuser qu’elles soient développées sans cohérence industrielle, sans vision territoriale et sans garanties pour les salariés. Il est nécessaire que leur développement passe par une phase de réappropriation publique par des EPICs ou des entités juridiques 100 % publiques afin de définir des modes de gouvernances qui soient appropriés à la maitrise publique.

La question des réseaux est essentielle aux EnR

Car les EnR ont besoin de raccordements, d’outils de pilotage, de capacités de stockage, de flexibilité et de maintenance. Les réseaux gaziers peuvent d’ailleurs rester un atout pour la souplesse du système énergétique global, notamment à travers le biométhane et, demain, d’autres gaz bas carbone là où ils sont pertinents. Une transition sérieuse ne consiste pas à opposer des filières entre elles, mais à organiser des complémentarités, à sécuriser les infrastructures et à anticiper le calendrier social des transformations.

Organiser les filières qui sont toutes complémentaires et nécessaires

Organiser les filières qui sont toutes articulations. Il juxtapose le plus souvent des décisions privées, là où il faudrait au contraire une vision publique d’ensemble.

L’autre enjeu majeur est celui de l’emploi

Derrière chaque projet renouvelable, il y a des métiers supports, de l’ingénierie, de la maintenance, de l’exploitation, du raccordement, du contrôle, de la fabrication et de la formation. Pour la CGT, la transition écologique doit donc être pensée avec les salariés et non sans eux. Cela suppose de la recherche, des parcours de qualification, des garanties collectives de haut niveau, une relocalisation productive et une maîtrise publique du secteur de l’énergie. Sans cela, la transition risque d’être vécue comme une série d’ajustements subis, alors qu’elle devrait être un projet collectif et industriel.
Jusqu’à présent, le développement des énergies renouvelables a été opposé au développement du nucléaire. C’est une grossière erreur, car toutes les filières sont complémentaires et nécessaires pour répondre aux besoins de réduction des émissions, de baisse de la dépendance aux fossiles et de soutien à l’électrification. Mais la montée en puissance des EnR ne règle pas, à elle seule, la question énergétique. Elle pose une autre question, plus décisive encore : celle du modèle de développement. Pour la FNME-CGT, les EnR ont toute leur place dans un mix bas carbone, mais elles doivent être développées avec des réseaux robustes, une base industrielle, des qualifications, des garanties sociales et une vraie logique de service public. Car la transition énergétique ne vaudra que si elle reste collective. C’est à cette condition que les EnR seront autre chose qu’un marché en croissance, et deviendront alors un levier de souveraineté, d’emplois qualifiés et de progrès social.

Les EnR doivent devenir un levier de souveraineté, d’emplois qualifiés et de progrès social

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