Un outil essentiel pour améliorer nos conditions de travail !
Les services de médecine du travail ont été regroupés sous l’appellation SST : Services de Santé au Travail. Ce maillon essentiel pour la santé des salariés est mis à mal depuis plusieurs années dans nos entreprises, alors que leurs prérogatives et enjeux associés sont souvent mal connus des salariés. Pourtant leur rôle est indispensable. C’est pourquoi Options a décidé de leur consacrer un “fil rouge” au cours de cette année 2026, pour aborder à la fois leur rôle, les menaces qui pèsent sur eux notamment en termes d’indépendance, les problèmes de recrutement et de fonctionnement, le contrôle social…
Un pilier de la prévention en entreprise
Les SST ont pour mission principale d’éviter toute altération de la santé des travailleurs (article L.4622-2 du Code du travail). Leur action repose sur le rôle central du médecin du travail dont la mission est strictement préventive (article L.4622-3). Celui-ci identifie les risques professionnels, surveille l’état de santé des salariés et analyse leurs conditions de travail à chaque consultation.
Eviter toute altération de la santé des travailleurs par la prévention
La veille médicale (article L.4624-3) permet de mettre en lumière ce que l’entreprise préfère parfois ignorer : les effets concrets des conditions de travail sur la santé, les nouvelles pathologies liées au travail. Ces données, présentées aux élus et aux représentants du personnel, sont une arme puissante pour objectiver les risques, contrer leur minimisation et ouvrir des débats sur les choix d’organisation afin de peser sur les conditions de travail.
Une arme puissante pour peser sur les conditions de travail
Car les préconisations formulées par le médecin du travail ne sont pas de simples recommandations (article L.4624-1). Ce sont des actes médicaux opposables dont l’objectif est la protection du salarié. Le médecin prononce aptitudes et inaptitudes, préconise des aménagements de poste, conseille les salariés… et remet en cause, parfois, des pratiques délétères. Avec l’accord éclairé du salarié, c’est un levier concret pour imposer une modification du travail réel.
Alerter sur les situations dangereuses
Le devoir d’alerte (article L.4624-3) engage le médecin à signaler toute situation mettant gravement en danger la santé. Cette alerte, adressée à l’employeur et visible par les représentants du personnel, force la reconnaissance de risques souvent niés. C’est un outil précieux pour enclencher un rapport de force et exiger des transformations.
Le Dossier Médical en Santé au Travail (DMST encadré par l’article L.4624-8), retrace l’état de santé du salarié et ses expositions professionnelles. La fiche d’entreprise (article D .4624-37) cartographie les risques auxquels le salarié est exposé. Le rapport annuel (article D.4624-43) rend compte des atteintes et informe le contrôle social. Tous ces documents, pas toujours bien exploités, sont pourtant essentiels pour démontrer la responsabilité des choix organisationnels dans la dégradation de la santé.
Un enjeu syndical majeur
Bien comprendre le rôle des SST est déterminant car ils sont un maillon vital du dialogue social et de Tobjectivation des risques. Leurs analyses, appuyées sur un cadre légal solide, conduisent à transformer durablement le travail, à préserver la santé des salariés et à soutenir les collectifs face aux organisations délétères.
Mais les SST sont affaiblis années après années par des attaques, un manque de moyens et nous reviendrons dans les prochains numéros sur ces enjeux et sur les revendications que TUfict-CGT porte pour ces métiers.