Comment s’est faite cette attaque ? Que vise-t-elle et que prépare-t-elle ?
La CGT était dans l’action en mars face aux attaques des ministères contre la Caisse Nationale des Industries Electriques et Gazières qui assure la gestion des retraites des agents des IEG. À la CNIEG, comme à la RATP(1), la pénibilité des métiers est prise
5 ans l’âge du départ à la retraite. Depuis plusieurs années, la CNIEG est dans le collimateur des tutelles des gouvernements successifs. Après la réforme de 2023 et la fermeture du régime aux nouveaux embauchés, une nouvelle étape voudrait affaiblir progressivement la CNIEG.
Une guerre d’usure qui s’inscrit dans une continuité politique
Dès l’échec du projet Delevoye en 2019, les tutelles ont engagé une mise sous contrainte du fonctionnement de la CNIEG : obligation de confier le recouvrement des cotisations à l’Urssaf, pression budgétaire pesant sur les effectifs et les projets, incitation à la « mutualisation » en confiant la gestion à d’autres. Tout a été fait pour préparer les conditions d’une nouvelle version du régime universel, défendue non seulement par des politiques, mais aussi par la CFDT, pour intégrer progressivement le régime des IEG dans des structures de droit commun.
Leur but : Intégrer progressivement la CNIEG dans des structures de droit commun
C’est bien l’existence même de la CNIEG (et du régime spécial vieillesse) qui est visée, avec une brusque accélération, en janvier 2026, lors de la publication du rapport de l’Inspection Générale des Affaires Sociales (IGAS).
Les ministères avancent masqués derrière l’IGAS
Ce rapport est une revue de gestion classique, tous les 5 ans, mais le dernier s’est révélé être un ballon d’essai d’une tout autre ampleur. L’IGAS propose en effet, d’ici 5 ans, de transférer l’activité retraite de la CNIEG à la CNAV, la caisse de retraite du régime général. Cette orientation, présentée sous l’angle d’économies réalisées par la « mutualisation », soulève pourtant des enjeux bien plus larges qu’une simple réorganisation administrative. La CGT a démontré que les spécificités du régime des IEG rendent illusoire toute véritable mutualisation, ce qui a été confirmé par les services de la CNIEG. Car la CNAV devrait alors créer une équipe et des outils informatiques spécifiques, donc recréer l’équivalent de la CNIEG sans gains d’économie d’échelle.
Des conséquences qui seraient très concrètes pour les agents
Le régime spécial vieillesse ne serait pas remis en cause par le seul transfert de gestion car il faudrait une loi pour sa suppression. En revanche, les conséquences seraient catastrophiques sur le service rendu par la caisse de retraite à tous les agents, ingénieurs, cadres et encadrants : pertes d’expertise et de compétences, réduction des effectifs, éloignement du terrain et des intervenants IEG (aussi bien les employeurs que les organisations syndicales), pilotage financier des organisations…
La mobilisation a fait reculer les tutelles
Mais la mobilisation a déjà permis de faire reculer les tutelles qui devaient prendre une décision d’ici fin mars. A ce jour, elles n’ont pris aucune décision, ont repoussé les échéances et ont proposé des rencontres avec les organisations syndicales.
L’heure reste donc à la vigilance pour être prêts à la mobilisation dans les mois à venir, pour empêcher ce transfert et obtenir des budgets suffisants.